L’heure est grave ! J’ai fait face au pire ennemi dans ce genre de situation, celle dans laquelle on voyage, celle dans laquelle on a prévu de passer un moment dans un endroit merveilleux de par sa faune et sa flore : la pluie.

La journée commençait paisiblement. J’avais rendez-vous vers 12h30 avec mon ami Elie pour le dîner. Permettez-moi donc de remplir ce post, qui sera malheureusement vide à moins qu’une chose exceptionnelle se produise après l’avoir écrit, avec un des pires pièges de la vie à Montréal : les panneaux de stationnement.

Remettez-vous dans contexte. On a besoin de trouver une place, vers la sortie de métro Mont-Royal, car c’est ici que ce rendez-vous aura lieu. En personne bien attentionnée, vous faites le tour du quartier plusieurs fois, et vous trouvez une place qui a l’air bien.

Un peu trop bien ?

Cette place est en fait un piège ! Car d’après le panneau, pardon, l’ensemble de panneaux tous au même endroit, seuls les résidents peuvent s’y garer après 15h.

Ah. Bon ça va alors, il n’est pas 15h, et je serai parti avant.

Non !

Le panneau à côté stipule que vous n’avez pas le droit de vous y garer le mercredi, entre 13h30 et 14h30. Et seulement du côté droit. Vous pouvez reprendre le volant, et rechercher une autre place.

Oh, une place de libre là !

Non plus ! Il y a une bouche à incendie. Interdiction de s’y garer à moins de 5 m. Enfin, seulement si elle est rouge. Si elle est bleue, vous pouvez vous y garer.

Les panneaux s’enchaînent comme ça. Il y a d’autres facteurs sympas, comme l’interdiction de s’arrêter, une flèche un peu trompeuse qui indique là où commence l’interdiction, mais également si c’est la chaussée ou le trottoir. Bref, c’est un bordel sans nom et ce site démontre parfois l’absurdité de ce système.

Tout ça pour dire que oui, j’ai pris une amende parce que j’ai mal décrypté un des panneaux. 68 dollars pour toi Flo, parce que tu as pensé, à tort, que tu pouvais te garer ici :

Bon allez ! J’en fais des tonnes, mais tant pis, ce n’est pas si grave. Il est temps de partir pour la pourvoirie du Lac Blanc.

Mais Flo, c’est quoi ce truc, pourvoirie, dont tu parles tout le temps ?

Excellente question ! Une pourvoirie, c’est un établissement qui propose des services (hébergement, location de matériel, guides) aux personnes qui pratiquent la chasse et la pêche en pleine nature.

Le mot à retenir là dedans, c’est “pleine nature”, et c’est ce que je voulais voir.

Arrivée à la pourvoirie du lac blanc

Le trajet s’est fait sans encombre entre Montréal et le Lac Blanc. Sauf que j’ai rencontré cet ennemi puissant, sur entraîné et imbattable : la pluie. J’avais espoir qu’elle se calme en arrivant, et finalement, ça a empiré.

J’ai donc traîné ma carcasse mouillée jusqu’à l’entrée, pris ma réservation, et je suis allé jusqu’au petit gîte que je vais partager avec quatre familles.

Pour le coup, ce fut vraiment un plaisir d’y être. Le chalet est confortable, sent bon le bois, et offre une vue imprenable sur le lac.

Sauf qu’il y a cette pluie.

A l’entrée, on m’a précisé qu’il y avait un sauna, une piscine et un bain massant, et je me dis que finalement, c’est sûrement la meilleure des choses à faire. Et c’est donc là que je me trouve en écrivant cet article, avec un wifi lointain car présent uniquement sur le chalet principal duquel je suis très éloigné de ma chambre. Impossible de sortir à cause de la pluie battante, mais la vue est impeccable !

A défaut de pouvoir aller dehors…

Après de longs moments de relaxation, de lecture apaisante, je finis par me décider d’aller manger.

Il n’y a pas tant de choix en fait, il n’y a que le restaurant de la pourvoirie qui possède un garde-manger, l’autre option étant d’aller jusqu’à Saint-Alexis, à plus de 15 min de routes d’ici. Dans la boue. Donc ce sera sans moi.

La carte du restaurant est intéressante. Ici aussi, une salade Caesar “classique” est faite avec du bacon. Pour avoir du poulet, il faut mettre un supplément. Je me tourne donc vers les viandes, avec un bon bifsteak accompagné de frites maison. Et puis je me dis que cette fois, finie la répression de la viande trop cuite ! Il est temps de mettre fin à mon calvaire, je veux un truc saignant ou bleu à la limite ! 

Désolé monsieur, mais au Canada, on a pas le droit de vous servir une viande saignante à cause des différentes bactéries qu’elles pourraient avoir. Je peux donc vous proposer une cuisson très cuite ou pas trop cuite.

Le serveur, exaspéré qu’un Français lui pose chaque jour la même question depuis 10 ans

Dévasté, j’aurais même lâché une petite larme. Je choisis donc une salade Caesar classique en entrée, puis une truite à l’aneth, pêchée dans le lac qui est juste derrière moi. Je me dis qu’au moins, je serai sûr d’avoir un produit vraiment frais.

Puis un détail attire mon attention dans le menu des entrées.

Tartare de boeuf

La carte des entrées, qui veut décidément que je ne dorme pas bien ce soir

Tant pis. La commande est lancée, et puis j’ai un peu la flemme de demander si un tartare de boeuf est dans la viande crue ou pas. 

Honnêtement, la salade Caesar était assez bof, mais le poisson était vraiment bon

Le serveur me propose la carte des desserts, je refuse poliment en pensant que j’ai trop peur d’y voir quelque chose d’improbable dessus, puis je file me coucher. Demain, je me lèverai un peu plus tôt, car ils annoncent du beau temps dans la matinée, et je VEUX visiter quelque chose de cette pourvoirie et faire une balade dans la nature.